Deux soeurs, David Foenkinos

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Du jour au lendemain, Étienne décide de quitter Mathilde, et l’univers de la jeune femme s’effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu’inacceptable?

Quel avenir composer avec le fantôme d’un amour disparu?

Dévastée, Mathilde est recueillie par sa sœur Agathe dans le petit appartement qu’elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. De nouveaux liens se tissent progressivement au sein de ce huis clos familial, où chacun peine de plus en plus à trouver un équilibre. Il suffira d’un rien pour que tout bascule… 

 

J’ai lu énormément de critiques positives sur « Deux sœurs » et tant mieux pour son auteur mais … je n’ai pas été transportée par ce nouvel opus de David Foenkinos. C’est pourtant avec un enthousiasme certain que j’ai démarré ma lecture, séduite par les échos positifs.

Peut-être que j’en attendait plus … Ou que je n’étais pas dans le bon timing émotionnel pour tirer tout le bénéfice? Toujours est-il que durant les trois premiers chapitres j’ai vraiment trouvé les situations trop attendues, clichés et exagérées. Le mode défensif était activé …

J’ai pourtant été touchée par certains passages, et surprise de constater que nous passons toutes par les mêmes stades dans le processus de rupture. Je me suis retrouvée dans les colères de Mathilde, dans son désarroi, et encore mieux dans son « personne ne doit savoir ».

Au coeur de la vie qui s’effondre, tout demeure immuable, dans un ballet non soumis aux tragédies de chacun.

 

Tous les couples, dans une excitation narrative, adorent se remémorer les détails de leur première fois. Ils estiment souvent que tout dans leur rencontre a été fou ou incroyable alors que, la plupart du temps, tout n’a été qu’éclat de la banalité.

Un peu comme ce roman quoi. Banal. Un peu fade. Alors qu on l’encense parce que c’est du Foenkinos. Il jouit d’une aura de succès ici forcément galvaudée. Je n’ai pas retrouvé la douceur, la poésie, le sentimentalisme ou encore la justesse qu’on lui trouve dans les autres romans (que j’avais adoré).

Les processus littéraires, ici, sont dignes d’un exercice d’atelier d’écriture. 

Répétitions d’un prénom sur une demi-page

Anaïs,

Anaïs

Anaïs

Phrase sur le suicide placée maladroitement juste pour pouvoir mettre une note de bas de page évoquant François Truffaut

On a une conversation polie et sociale avec la personne qui un temps à compté le plus dans notre vie ; celle avec qui on aurait pu se suicider.

Encore et encore des définitions du dictionnaire, dans le texte

[…] mauvaise passe […] Le dictionnaire lui semblait parfois le seul espace de fiabilité. Elle avait vérifié la définition exacte de cette expression. Cela l’intriguait. Voici ce qui était écrit : « Période difficile dans la vie d’une personne, qui est temporaire ou que l’on veut considérer comme telle. »

Était-ce bien utile?

En dépit de toutes ces platitudes on se laisse prendre par l histoire et la descente aux enfers de Mathilde pendant la majeure partie du récit. On perçoit bien l’évolution de sa situation et les difficultés qu’elle a pour se reconstruire après sa rupture avec Etienne. 

Après une première partie plutôt réussie axée sur le sentiment d’abandon, de la perte après une rupture amoureuse, le roman bascule dans un autre registre. J’ai lu un peu partout « thriller psychologique ». Je pense que ce livre n’en mérite pas l’adjectif, mais il prend la voie de la reconstruction et de la vengeance, transformant le personnage qui avait reçu l’empathie du lectorat en situation de déséquilibre psychologique. Et c’est là qu’on perd Foenkinos… Ne s’improvise pas écrivain de thriller qui veut. Et il y a une différence entre introspection d’un personnage et (dé)construction psychologique. L’échec se situe à ce niveau.

La fin m’a définitivement achevée (avec jeu de mot).  Autant parfois les sentiments ou l’ introspection est écrite de manière très subtile autant la partie jalousie passe vraiment mal … Je peux difficilement détailler mes propos sans spoiler mais j’ai vraiment enragé que l’auteur aie pu nous faire une fin à la « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » comme si rien ne s’était passé…

J’aurais imaginé tout, sauf ce biais facile. Et je suis donc super déçue …

 

En résumé donc une histoire de rupture banale, qui ne méritait pas un roman. 

 

Et vous, vous l’avez lu ? aimé ? Dites-moi tout …

9 commentaires sur “Deux soeurs, David Foenkinos

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  1. Par principe, comme je le dis souvent dans mes articles, je me méfie de ce type d’auteur que je trouve trop « marketé »… Le dernier D De Vigan, par exemple, gros caractères, 130 pages… Le Musso, idem, mais lui, je ne l’ai jamais lu, apriorisme négatif… Sans parler de Nothomb qui nous sort son titre annuel… 😩 Bref, merci ! je vais faire des énonomies pour acheter un bon livre 🤣

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    1. Oui j’avoue que c’est un peu le même problème avec tous les auteurs « à succès ». Je ne suis pas auteure mais je trouve difficilement possible de parvenir à écrire une oeuvre qualitative, recherchée et nourrissante en une année et ce, chaque année !

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  2. Celui-ci ne me tente pas trop. J’aime bien Foenkinos mais avec une certaine irrégularité dans l’appréciation de ses livres. Autant j’ai adoré La Délicatesse et Charlotte, autant La tête de l’emploi ou Le potentiel érotique de ma femme m’ont laissé de marbre.
    Je viens de terminer  » Vers la beauté » que j’ai bien aimé. J’ai retrouvé la touche tendre de La Délicatesse dedans. J’essaierai de publier ma chronique bientôt. Tu les a lu aussi?

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      1. Je te conseille fortement La délicatesse, même avant Vers la beauté. Il est vraiment très beau. Et délicat. Le titre est parfait pour ce livre !

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