Toujours moins, Nadia Bouzid

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Toujours moins, le nouvel ouvrage de Nadia Bouzid, est composé de trois nouvelles.
Fidèle à sa promesse, il se lit très vite, l’auteure va a l’essentiel.

Ici, pas de fioritures ni d’adjectifs inutiles, le livre se veut à la mesure de notre société : vite et bien.
Ne vous fiez pas aux couleurs vives de la couverture, ces trois nouvelles sont un voyage noir au pays du contemporain, avec ses dérives, ses réalités qui bien souvent sont loin d’être idylliques.

Mon ressenti après cette rapide lecture est une réflexion, intense, sur la manière dont nous menons nos vies, et nos priorités. Le regard de Nadia Bouzid permet de mettre en lumière certaines scènes, surement bien trop nombreuses, du quotidien de cette société moderne.
Je m’attendais à un bon moment de lecture, seule assise au soleil, et bien j’ai pris ma claque !

Il s’agit donc d’un très bon ouvrage, claquant de réalisme et qui ouvre à la réflexion et que j’ai apprécié pour le coté bref et sans détours. l’auteure sait choisir les mots qui touchent, sans y apporter de surplus mélo dramatique, l’information se suffisant à elle même.

Toujours moins est paru aux éditions Rue du départ, dans la collection Voyage Noir.

Une larme de rhum dans le thé, Yolaine von Barczy

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S’éteint-on forcément avec l’âge ? Rien n’est moins sûr. À condition de savoir parfois faire resurgir le croustillant du passé.

Les vieilles dames de ces nouvelles ont toutes délicieusement flirté avec les limites. C’est ce qui les rend si lumineuses. Tour à tour malicieuses, courageuses ou amoureuses, elles nous offrent ce qu’elles ont de plus secret et de plus humain : un soupçon d’indignité.

Yolaine von Barczy, 45 ans, est directrice des ressources humaines et passionnée par les rapports humains. Elle a participé à beaucoup de concours de nouvelles dont certaines ont été primées.

Second ouvrage issu de mon récent partenariat avec les Editions Baudelaire, Une larme de rhum dans le thé bouscule un peu les idées préconçues que l’on ne manque jamais de se faire sur les autres.
Dans ces douze nouvelles, l’auteure nous présente, de façon très intimiste, des personnes qui ont parfois eu un lourd secret à porter.

Certaines nouvelles surprennent, d’autres choquent, ou attristent.
Une larme de rhum dans le thé c’est le parcours de vie de gens qui ont, à un moment, flirté avec les limites de l’indigne, de l’impensable.

J’ai aimé ces mises en situation qui selon moi posent un regard sur les a priori, les conclusions que l’on tire souvent très vite, au jugement d’une personne sans connaître son vécu, ses valeurs.

Et si le temps d’une lecture ont vous mettait face à ces préjugés?
Laissez-vous surprendre…

Mathématiques du chaos, Loana Hoarau

MDC 

 

 

Loana Hoarau est une auteure et scénariste française, de Belfort que je remercie pour sa générosité et pour la découverte de son roman.
Précédemment édité chez ELP en version numérique, Mathématiques du Chaos est également disponible en version papier et édité chez Hugues Facorat Edition.
C’est dans ce format qu’il m’a été offert.

Petite note spéciale pour la carte de visite ajoutée à l’ouvrage que j’ai trouvée magnifique!

Dès le premier regard, la couverture a attiré mon attention. Subtile mise en scène qui reflète à merveille le genre d’écriture puisque L.Hoarau excelle dans le registre du drame psychologique. Le soin mis dans la mise en page est appréciable, les chapitres sont courts, bien séparés et l’écriture aérée. Un effet nécessaire pour alléger un peu l’intensité du récit.

 

Dès le début du livre, le lecteur prends sa claque, et je n’échappe pas à la règle !

J’ai l’impression désolée d’assister, impuissante, à une scène que je ne devrais pas voir…

L’écriture est belle, macabrement poétique, et les pages se tournent, m’emportant dans une spirale opressante.

L’organisation des courts chapitres et la description des scènes me fait penser à un scénario de cinéma. Cette info ne m’a pas été afirmée par l’auteure mais l’effet, superbement réalisé, envoie au cerveau comme des flashs, des scènes filmées en noir et blanc, courtes mais tellement choc !

 

Le thème de la maltraitance enfantine et de l’abus est abordé de manière crue et froide.
J’ai parfois eu une impression de dégoût perçue dans l’écriture de Loana Hoarau. C’est malsain a souhait et pourtant décrit en toute indifférence. Je n’oserais me laisser aller à penser ce qui permet à quelqu’un d’écrire sur ce thème difficile avec autant de désinvolture.

 

Le talent est là, il faut le souligner, et bien que le thème soit dérangeant, dans ce registre, il est excellent.

 

Quel que soit le chemin que prendra votre cerveau pour tenter d’empêcher l’indicible, il ne fera que vous entraîner plus profond encore dans l’inhumanité …