Les fantômes de Port-Winston, Michel Giard & Patrick Bousquet-Schneeweis

fantomes     go

Destinée à la jeunesse, cette collection, qui comporte plusieurs exemplaires (Voir liste complète ici) relate sous forme de nouvelles l’histoire de la France dans sa lutte contre les troupes allemandes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

La nouvelle, d’une cinquantaine de page, démarre par une mise en scène très douce mais très prenante aussi afin d’amener le lecteur à se plonger dans le passé.

Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, de nombreux faits historiques viennent étayer le roman, des renvois à une documentation très complète mais jamais inutile complètent la partie nouvelle.

J’ai aimé la manière dont l’auteur amène le récit, un carnet, découvert par une femme, 50 ans passé après la guerre. A la lecture de celui-ci, elle revit les faits.

Dans le sixième volume, c’est la participation au cinquantenaire du débarquement qui ravivera l’étincelle du souvenir dans les yeux d’un vétéran …

Les illustrations sont attirantes, les titres accrocheurs, et la petite taille des ouvrages permettent une lecture rapide et aisée.

Le vocabulaire est simple mais pas vulgarisé à outrance, les mots choisis sont adaptés aux faits, qui d’ailleurs ne sont pas édulcorés. L’enfant, ou sans doute plutôt l’ado qui lira cette collection, aura conscience de la cruauté et de la violence des évènements.

C’est une collection qui trouve sa place dans toute bibliothèque, qui pourra aussi appuyer les cours d’histoire ou même à des fins de lecture plaisir, et pas que pour les plus jeunes.

Merci à Michel Giard pour sa confiance, et pour m’avoir fait parvenir « Les fantômes de Port-Winston » que j’ai vraiment apprécié, ainsi que « go ! Geronimo ! ».

Publicités

L’oubli, Frederika Amalia Finkelstein

ee

Si vous deviez votre existence uniquement à cause d’un court circuit ? Quelle serait votre comportement ?
Serait-il possible de vous intégrer à la société, sachant que votre présence n’est due qu’à la seule fuite d’un homme, juif, aux portes des camps d’extermination ?

Comment on fait pour être stable dans de telles conditions ?

«Je m’appelle Alma et je n’ai pas connu la guerre. J’ai grandi en écoutant Daft Punk, en buvant du Coca-Cola et en jouant à des jeux vidéo sur la Playstation 2. Un jour, j’ai appris que mon grand-père avait fui la Pologne quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, avant la Shoah. Ce mot m’a longtemps agacée : son côté spectaculaire. Mais vendredi soir, quand je me suis retrouvée face à la petite-fille d’Adolf Eichmann et qu’elle n’arrivait pas à se remémorer le nom du camp d’Auschwitz, j’ai ressenti comme une douleur – elle a duré quelques secondes. Je me suis rappelé l’exergue de Si c’est un homme de Primo Levi : « N’oubliez pas que cela fut, non, ne l’oubliez pas » ; je crois que je veux faire exactement le contraire. Oublier tout.»

L’oubli, c’est un premier roman coup de poing. Coup de poing parce que c’est l’effet que ces mots, et ces maux, ont eu sur moi, dès les premières pages.
Quel talent dans une personne si jeune et qui n’a jamais publié !
Je me conforte dans l’idée que parfois dans un premier roman, la ou les détracteurs trouvent « du brut, du non-fini, moi je vois parfois une perle, et je crois bien en avoir trouvé une ici …

Il faut saluer la culture impressionnante et la manière dont l’auteure met en place des parallèles avec des passages de l’histoire que seuls les esprits éclairés pourront souligner, donnant une dimension d’intérêt supplémentaire à ce roman.

Entre errances philosophiques et autres interrogations, Frederika Amalia Finkelstein m’a fait réfléchir, sur de nombreux thèmes de la vie, et sur l’histoire aussi.

L’oubli, de Frederika Amalia Finkelstein, paru en aout 2014 chez Gallimard

Charlotte, David Foenkinos

foenkinos

David Foenkinos, si besoin est encore de le présenter, est un romancier français, ancien élève de la Sorbonne, dont les titres publiés ont été plusieurs fois récompensés et traduit pour l’étranger.

Cette année, avec Charlotte, son 13ème roman, il a reçu le prix Renaudot.
Charlotte Salomon est une artiste peintre juive allemande, assassinée en 1943 alors qu’elle était enceinte. La trame de fond est très biographique, agrémentée d’une partie qui lie l’auteur et son époque aux lieux qui ont vu évoluer Charlotte. Dans cette partie contemporaine, David Foenkinos relate comment l’histoire de Charlotte lui a collé à la peau, au moment même où il cherchait tout autre chose. Je le ressens comme un sujet qui s’est imposé à lui, pas une recherche mais une rencontre.

Le style  est inattendu. Les courtes phrases, comme des strophes de poésie, déroutent en commençant la lecture, car ce type d’écriture ne semble pas s’adapter à la dureté des faits et à l’aspect historique que prends le livre dès les premières pages.
Pourtant, on s’y habitue et j’irais jusqu’à dire que cela soulage lors de certains passages difficiles.
Le sentiment d’oppression qui serre la poitrine n’aurait sans doute pas supporté un mot de plus, le point et le retour à la ligne, salvateurs, me permettaient de reprendre mon souffle.

Le roman est assez court, 122 pages. Une fois commencé il m’a été difficile de le lâcher, un irrépressible besoin de garder le livre en main, ne pas arrêter le flux des émotions.
Le livre refermé, j’ai l’impression qu’il me colle toujours à l’âme. Mes idées s’emmêlent à l’idée de coucher sur papier mes impressions et rien ne semble révéler mes réelles impressions.

Clairement, il y a du talent, en si peu de pages et sans descriptions, David Foenkinos parvient à ancrer ses personnages, à les faire vivre en nous et à véhiculer des sensations telles qu’une fois le livre refermé reste une seule impression : le manque …

Charlotte est publié chez Gallimard.
Une courte vidéo de présentation est disponible :

Les bateaux du jour J, Michel Giard

les-bateaux-du-jour-j

Les bateaux du jour J sont parus aux éditions Alan Sutton et m’a été permis de découvrir grâce à l’opération Masse Critique du non moins célèbre site Babelio.

La couverture en noir et blanc nous montre un groupe de soldats, marins, en route vers une probable mission.
Sur leurs visages, on lit la peur mais également la détermination dans le rôle qui leur est confié. Ils sont des milliers à avoir embarqué, et à avoir servi sur les eaux des territoires occupés, groupés sur des bâtiments tels que l’USS Arkansas ou encore le Bismark.
C’est l’histoire de ces hommes, mais aussi des navires qui firent partie de cette tranche de l’Histoire  qui nous est offert dans ce livre.
C’est la guerre, nous sommes en janvier 1944, le général Montgomery découvre les plans de l’opération Overlord

A grand renforts d’images d’époques, d’affiches et d’encarts caractéristiques, cet ouvrage richement illustré nous présente les différents types de bâtiments : cuirassés, croiseurs, destroyers, dragueurs de mines, frégates et corvettes. Il y est aussi question de l’opération Neptune mais surtout de la victoire !

Agrémentées d’anecdotes historiques et de clichés représentants les soldats dans l’action, les informations reprises sont pertinentes, concises et constituent une bonne base de recherches pour qui souhaiterait approfondir le sujet.

J’ai trouvé l’ouvrage vraiment complet et intéressant pour sa concision ainsi que pour sa netteté de présentation qui le rend bien plus attractif que les ouvrages d’histoire classique. On est vite attiré par les illustrations et les informations techniques ne plombent pas la partie historique mais sont bénéfiques au public spécialisé. Il sera très apprécié au lecteur souhaitant obtenir des informations claires et précises sur les navires de guerre et nécessitant des mesures et chiffres précis.

Je recommande cette lecture qui rend ses lettres de noblesse à l’un des acteurs, et non des moindres, de la seconde guerre mondiale.