Histoires courtes pour s’endormir, Nicole Caplain

Me voici de retour avec un petit livre d’histoires pour les enfants. Malheureusement, j’ai appris le décès de Nicole Caplain ces derniers jours en préparant la chronique. Je présente mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Dans ces circonstances, il serait mal venu de me faire juge de son oeuvre, en positif et en négatif.

Je ne rédigerai donc pas de critique mais par cet article.

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Histoires pour s’endormir est paru aux éditions Société des écrivains.

Les fantômes de Port-Winston, Michel Giard & Patrick Bousquet-Schneeweis

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Destinée à la jeunesse, cette collection, qui comporte plusieurs exemplaires (Voir liste complète ici) relate sous forme de nouvelles l’histoire de la France dans sa lutte contre les troupes allemandes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

La nouvelle, d’une cinquantaine de page, démarre par une mise en scène très douce mais très prenante aussi afin d’amener le lecteur à se plonger dans le passé.

Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, de nombreux faits historiques viennent étayer le roman, des renvois à une documentation très complète mais jamais inutile complètent la partie nouvelle.

J’ai aimé la manière dont l’auteur amène le récit, un carnet, découvert par une femme, 50 ans passé après la guerre. A la lecture de celui-ci, elle revit les faits.

Dans le sixième volume, c’est la participation au cinquantenaire du débarquement qui ravivera l’étincelle du souvenir dans les yeux d’un vétéran …

Les illustrations sont attirantes, les titres accrocheurs, et la petite taille des ouvrages permettent une lecture rapide et aisée.

Le vocabulaire est simple mais pas vulgarisé à outrance, les mots choisis sont adaptés aux faits, qui d’ailleurs ne sont pas édulcorés. L’enfant, ou sans doute plutôt l’ado qui lira cette collection, aura conscience de la cruauté et de la violence des évènements.

C’est une collection qui trouve sa place dans toute bibliothèque, qui pourra aussi appuyer les cours d’histoire ou même à des fins de lecture plaisir, et pas que pour les plus jeunes.

Merci à Michel Giard pour sa confiance, et pour m’avoir fait parvenir « Les fantômes de Port-Winston » que j’ai vraiment apprécié, ainsi que « go ! Geronimo ! ».

Le dernier chat noir, Eugène Trivizas

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Pour débuter, un petit mot sur l’illustration : Je n’aime pas trop. Pas que celle-ci spécialement soit moins belle qu’une autre mais la tendance au « dessin minimaliste crayonné » ne me plaît pas du tout et pourrait même m’empêcher de repérer ce livre en librairie. Mais … là n’est pas le sujet puisque ce livre m’a été permis de découvrir par les éditions du Jasmin.
Comme toujours, le soin apporté à l’envoi et la petite carte personnalisée sont appréciables. Merci à l’éditeur qui a su me surprendre et m’a fait passer un très bon moment. 

Le dernier chat noir a été traduit du grec, langue maternelle de l’auteur Eugène Trivizas. Ce dernier a déjà une centaine de livres pour la jeunesse, et ses œuvres traduites en 17 langues. Il est aussi le lauréat de nombreux prix.

L’histoire est relatée à la première personne. Devrait-on dire première perso-chat ? Car il semble que je sois un chat 🙂

Dès les premières lignes, l’accent est mis sur la description qui permet une immersion douce, mais totale, dans le récit.

« Je t’aimerai toute ma vie. Je t’aimerai de toutes mes sept vies ». Déclaration d’amour chat …

L’intrigue de départ porte sur la disparition subite et étrange de tous les chats noirs d’une île. Descriptions de scènes rocambolesques, cocasses, dignes des meilleurs dessins animés, la même dynamique anime ce récit et la visualisation est immédiate.

Passé le coté mignon et attendrissant que l’on reconnait toujours à la race féline, l’auteur place le récit au centre de la machination dont sont victimes notre protagoniste et ses amis face à un collectif d’humains superstitieux mais ô combien influents auprès de la population de l’île.
La traque, sans relâche, nous mènera à nous cacher dans bien des endroits incongrus, cherchant à fuir la violence et la haine humaine, bravant les dangers pour sauver un compatriote, survivre face à la trahison de ceux que l’on croyait nos amis, et voir partir parfois de braves compagnons…

La morale est transposable à l’homme, et c’est un de ses points forts.
Les multiples niveaux de compréhension permettent à chaque lecteur d’y trouver son compte, et d’en retirer une réflexion personnelle.
Bien sûr il n’est pas à conseiller aux plus jeunes, certaines scènes sont d’une cruauté intense, mais plutôt à réserver à une population de jeunes adultes/ adultes.

J’ai apprécié le parallélisme subtil avec l’holocauste, les croyances faciles du petit peuple, les discours de politiciens qui stigmatisent une minorité. La demande d’aide des chats noirs aux autres qui ne veulent rien savoir parce que pas visés alors qu’ils ne semblent pas plus à l’abri des drames, la main tendue du noir au blanc, le riche aristocrate qui doit manger des détritus pour survivre, la coulée du bateau ou encore lorsque les héros noirs sont acclamés, autant de symboles qui portent la réflexion au-delà du simple dépaysement proposé par le récit.

Je crois que vous l’aurez compris, ce livre je l’ai adoré, je mis suis plongée, j’ai vécu sur les toits, j’ai eu peur, bref … j’ai été un chat 🙂

Je vous le recommande vivement !

Vive l’Anarchie, de John & Jana

J’avais déjà fait un premier billet là-bas dès réception.
Voici maintenant la chronique après lecture …

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Vive l’anarchie, de John et Jana, paru aux éditions Graine 2, m’a été offert dans le cadre de l’opération Masse Critique Jeunesse.
Le concept est novateur, j’imagine qu’un titre tel que Vive l’anarchie doit dénoter dans les rayonnages des librairies enfantines, généralement chargées de « Pol écoute sa maman » ou encore « ne pas faire ses devoirs c’est mal » …

Heureusement, la couverture adoucit un peu le choc ! Les couleurs sont vives mais pas criardes, et le petit personnage aux cheveux bleu-vert donne le ton avec son costume !

Je pense que ce livre est une très bonne base de réflexion à mettre en place avec l’enfant. En tant qu’outil didactique, il permet de réfléchir sur ses petites phrases, parfois de bon conseil mais parfois aussi de moins bon ! J’espère en tout cas que c’est le but recherché car « déchire ce livre » à la fin de l’ouvrage ne me paraît pas être le meilleur choix à faire ?

Ce livre est donc à ne pas laisser entre les mains de l’enfant seul, mais un accompagnant pour les lectures du soir, une manière d’apprendre qu’il faut bien évidemment ne pas prendre tout ce qu’on leur dit pour acquit, sans réfléchir, même si cela est écrit dans un livre …

Merci à Babelio, pour la sélection, et aux éditions Graine 2 pour leur générosité et leur rapidité d’envoi !