Rouge novembre, de Pierre Guyaut-Genon

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Avant de se consacrer à l’écriture, l’auteur a joui d’une carrière médiatique de 40 années, à la RTBF, avec une prédilection pour classic 21.
Il est également l’auteur de 10 romans, de pièces de théâtre, et a collaboré à l’écriture de one man show.

[ Présentation de l’auteur sur rtbf.be ]

Avec Rouge Novembre, il amène un regard percutant et teinté d’humour sur les tueries du Brabant, qui, pour mémoire, secouèrent la Belgique il y a une trentaine d’années, et n’ont d’ailleurs jamais été élucidées !

Ce roman fait partie de la collection roman, des éditions Méhari.

Reconnaissable à sa couverture en noir et blanc, l’illustration de ce roman se prête plus à la thématique, contrairement au précédent ouvrage que j’avais pu découvrir de cet éditeur. (Salle d’attente, de Marc Varence).

Haletant ! C’est le moindre des qualificatifs que je réserve à ce roman ! J’ai tout bonnement adoré !

Je ne suis pas friande de polar, mais dans ce cas, j’en redemande !

La richesse de l’information, la précision dans la narration des faits jusque dans les moindres détails, les ambiances, les rythmes qui s’accélèrent au rythme des casses qui s’enchaînent, Rouge Novembre se lit à toute allure …
A plusieurs reprises, je me suis demandée comment il était possible de décrire les meurtres avec tant de réalisme, après tout comme l’auteur le fait remarquer, cela aurait pu arriver … ? Et parfois je me demande si justement, ça aurait pu arriver.
J’ai été impressionnée par la mécanique mise en place par ces tueurs professionnels, écœurée par la puissance et la profondeur de leur réseau, jusque dans les arcanes de la justice !

Et la police … perdue, qui se fait balader d’un coté à l’autre de la Belgique sans comprendre ce qui lui arrive …

Un roman d’une grande qualité, d’écriture, et d’information, bien sûr romancée, mais qui éveille la curiosité de ceux qui, comme moi, connaissaient peu l’histoire et donc chercheront probablement plus amples détails.

Chasse à l’épaulard, Williams Exbrayat

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Dans Chasse à l’épaulard, nous retrouvons pour la seconde fois Maddog, détective douteux au vocabulaire cru et au à l’humour déjanté, sur les traces cette fois du mari de son ex-femme, subitement disparu dans la nature …

Ce court-roman de 68 pages est édité par StoryLab, fidèle au concept un roman en 1h ou presque », a reçu le prix des lecteurs du livre numérique 2014 et se classe dans la catégorie roman policier.

Après lecture, je dois bien dire que l’intrigue policière et le suspense ne sont pas vraiment présent. Ce qui m’a plus c’est la manière complètement décalée dont l’auteur écrit. J’ai immédiatement fait un parallèle avec l’illustre Frédéric Dard et son personnage de San-Antonio et du coup, je me suis bien amusée à suivre Maddog.
Vous l’aurez compris, ce livre n’est pas pour les puristes du polar mais plutôt pour les lecteurs recherchant un bon moment de détente.

En ce lieu enchanté, Rene Denfeld

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En ce lieu enchanté … Ce livre à la couverture splendide qui est arrivé par magie dans ma boîte aux lettres…

En effet il m’a été impossible d’identifier la source de l’expéditeur donc si par chance il lit ceci, qu’il sache que je le remercie chaleureusement pour m’avoir permis de lire un chef d’œuvre d’une grande qualité !

L’infographie est simple, pure, mais tellement bien représentative de l’histoire. Au-delà du choix graphique, la sensation de douceur de la matière papier contraste avec la dureté des traits.

L’intérêt de ce roman réside dans la qualité et l’authenticité des faits et impressions écrites par l’auteure. Travailleuse sociale à la ville, c’est en toute connaissance de cause qu’elle nous permet une immersion dans le milieu carcéral mais sans jugement, et orienté détenus.
C’est avec simplicité qu’elle nous relate le quotidien, la vie et les pensées qui habitent ces personnes dont la vie a un jour dérapé …

C’est un récit choc de par son contenu, de par le regard qu’elle pose sur un milieu ou l’accusation est si facile et la critique encore plus … mais abordé de manière humaine et dépourvue de toute haine.

Le chat du jeu de quilles, Florence Clerfeuille

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Premier tome d’une trilogie, le chat du jeu de quilles est un roman qui soulève d’emblée une question : Qui a tué le père Pommier ?

Ce roman, orienté polar nous fait découvrir une région chère à son auteure, Florence Clerfeuille, et un sport particulièrement populaire … Les quilles !

Rassemblant les hommes autant qu’il délie les langues, ce jeu de quilles permettra à un duo de journalistes de faire la connaissance de la population d’un village de l’Aveyron afin de résoudre un mystère resté entier depuis plusieurs années : qui est le meurtrier de Monsieur Pommier, et puis qui était-il?

Le chat a bien sûr une place prépondérante dans le récit, fil conducteur, dispensateur d’indices et d’intrigues, et nous accompagne pendant presque tout le récit.

J’ai trouvé ce livre plaisant, facile à lire et surtout très structuré. C’est d’ailleurs également son point négatif sans pour autant être un frein à l’appréciation de l’écriture.
L’auteure, connue et reconnue comme biographe et bien qu’elle n’en soit pas à son premier récit, s’applique à structurer les récits de souvenirs que les gens lui confient. Cette déformation professionnelle se retrouve dans le roman, qui est écrit selon une ligne de temps et d’événements qui semble pré établie et dont elle ne s’éloigne que peu.

Cependant, les personnages sont très bien illustrés, et bien ancrés dans la mémoire du lecteur ainsi que dans l’histoire. Le récit est cohérent et les différentes énigmes se résolvent sans encombre, mais aussi sans grand suspense, argument qui éloigne un peu le livre du polar proprement dit.

Le livre se referme sur une nouvelle énigme, qui m’a intriguée bien sûr mais qui je l’espère sera écrite de manière plus libérée, l’auteure ayant pris confiance après un premier tome réussi.

Je remercie Florence Clerfeuille pour ce volume, et pour sa confiance surtout.

Sur le ring – Le sang appelle le sang, Ange Marando

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Ange Marando, auteur marseillais d’origine calabraise, signe ici son premier roman dans la catégorie graines d’écrivain de IS Edition.

 

Fortement inspirée de faits réels, elle nous transporte dans l’univers très fermé des boxeurs désireux de conquérir l’Amérique pour apprendre l’art du combat sur le ring.
Nous sommes en 1969, les médias n’ont pas encore pris place dans chaque foyer, et de l’autre coté de l’Atlantique, l’homme a marché sur la lune … Et Angelo Portino débarque aux Etats-Unis sous l’aile protectrice d’un « ami » de la famille, à qui son père l’a confié pour faire de lui un homme, et sans doute bien plus …

 

Je me dois de remercier Harald Benoliel de IS Edition pour ce 3 ème partenariat, merci pour votre confiance et ce choix de lecture si différent de mon univers habituel et pourtant toujours si plaisant!

 

Ce roman, puisque c’est ainsi qu’il faut l’appeler, en dépit du fait qu’il soit bâti et inspiré sur nombre de faits réels nous transporte dans l’univers mafieux de la Calabre, et de la boxe plus particulièrement. A priori pas adapté à un public féminin de par son titre et son illustration de couverture, il a pourtant su me conquérir de la première à la dernière page.

 

Les explications livrées lors des combats de boxe ne sont pas ennuyeuses et la représentation très réaliste, immersion totale même pour quelqu’un qui n’a pas de connaissance technique de la boxe. L’intrigue n’est nullement alourdie par les détails techniques.

 

Le fait que l’auteur ait réussi à manier le style sportif à l’univers de la mafia est un réel point positif car il donne de la consistance au récit qui se veut fluide et sans temps morts.
Sincèrement, j’ai eu du mal à imaginer que cela puisse être le premier roman de Ange Marando, tant le style et la construction sont mûrs et maîtrisés.
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Le petit plus de Sur le ring : le site http://marando-sur-le-ring.com/ qui permet de vraiment approfondir et/ou découvrir l’univers de l’auteur avec une pointe d’actualité et de culture à propos des sujets abordés dans le livre. J’ai adoré.

 

Je recommande cette lecture!

L’accident : aux confins de l’indicible, de Jean-Luc Espinasse

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Jean-Luc Espinasse, passionné d’écriture, n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’il est déjà auteur de plusieurs livres. Il récidive avec un nouvel ouvrage publié dans la collection « sueurs glaciales » de IS Editions.
C’est avec beaucoup de talent et une grande subtilité qu’il a su emmener le lecteur « aux confins de l’indicible », et ce n’est pas peu dire.

Lorsque j’ai commencé la lecture de ce que je pensais être un polar, j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait, quelques pages plus loin … Un peu comme ce cher Daniel , un beau jour de retour de vacances, sur cette route qu’il arpentera à de nombreuses reprises tout au long de l’histoire.
Parfois nous voyons les choses, par habitude, et nous n’y prêtons finalement plus attention. Nous passons le long de routes, nous fréquentons des gens, mais en aucun cas nous ne nous posons la question de savoir si ces gens, ces bâtiments, si tout cela est bien ce que l’on croit !

Au-delà de l’intrigue, c’est tout le système sociétal et sa notion de sécurité, de titres de noblesse et de l’influence des nantis sur l’ensemble de la population qui est remise en cause.

Plus j’avance dans ma lecture, plus le suspense initial est dévié par des questions plus ésotériques avec des passages repris des oeuvres de H.P Lovecraft et son univers horrorifique et glauque a souhait !

Globalement, j’ai vraiment apprécié la manière dont les éléments sont présentés, j’ai vraiment ressenti les malaises dont Daniel a du être habité, ses ressentis, les ambiances sont superbement restituées et le travail de documentation autour du livre est important.

En refermant le livre, je suis toujours empreinte de ce sentiment d’oppression dans la poitrine, de malaise, un peu comme une peur, c’est … indicible !

 

Merci à l’auteur, Jean-Luc Espinasse, pour avoir bousculé mes habitudes de lecture, et à IS Edition pour avoir permis cette découverte!

 

L’accident, aux confins de l’indicible est paru chez IS Edition en avril 2014.