Praerie, Jean-Luc Marcastel

praerie
Merci aux éditions Scrinéo et à Livraddict pour ce partenariat.

Il faut souligner, en guise de résumé, la vidéo de Jean-Luc Marcastel disponible ICI, superbement mise en scène et originale.

Bien que j’aie peu été prise par ce roman, je vais tenter de vous en détailler les raisons.

A la lecture du 4ème de couverture, l’histoire me renvoie à des souvenirs de films et autres livres où les hommes côtoient le monde des insectes mais bien sûr, ce n’est pas parce que cela a déjà été utilisé que l’on ne peut l’évoquer à nouveau dans un livre et le faire bien, voire de présenter les choses sous un angle différent.
Je laisse donc cet aperçu de coté.

Le livre-objet est très joli, la typographie attrayante, et l’illustration bien en rapport avec le thème de la nature et fidèle à l’idée donnée par le résumé.
Un petit dossier est glissé avec le livre afin d’apporter des informations complémentaires sur l’ouvrage.
C’est là que je découvre que la lecture est adaptée aux enfants à partir de l’âge de 12 ans et largement relayée par les médias via les revues science et vie junior, je m’attends donc à un certain niveau scientifique.

Le début est assez déroutant car il y a beaucoup de termes codifiés qu’il faut aller découvrir dans les annexes ou dans le glossaire. Ceux-ci se situant en fin d’ouvrage, cela perturbe le rythme de lecture et est assez frustrant, d’autant plus qu’un mot amène à une définition qui elle même contient des mots codifiés qu’il faut encore déchiffrer. A peine l’exercice terminé, je peux reprendre la lecture la ou je l’avais laissée pour une ligne et de nouveau me voici à chercher une définition !
Frustrant je vous dit !
J’avoue avoir abandonné l’idée de suivre chaque redirection donnée par les multiples codes et ai poursuivi ma lecture comme une ignorante bienheureuse…Une suggestion serait d’avoir mis le glossaire à l’avant de l’ouvrage, ainsi d’ailleurs que le reste des annexes afin de permettre de se familiariser à ce monde « de dessous nos pieds » sans être sans cesse coupé dans la lecture…

Concernant l’histoire, je n’ai pas vraiment accroché… La langue locale est très vite démystifiée, et les intrigues peu crédibles.
On y présente les Sinks comme des prédateurs chez qui c’est « bouffer ou être bouffé ». Ok chez les insectes ce n’est pas les bisounours mais pour un ouvrage à tendance jeunesse, la scène de l’accouplement entre Lo’Hiss et la Douventre est assez choquante et peu adaptée à l’âge mentionné selon moi.
Il y a beaucoup de longueurs, des descriptions interminables rendant certaines scènes propice à l’égarement, alors que d’autres scènes auraient mérité qu’on s’y attarde beaucoup plus ( l’histoire de Séfan, et surtout la dernière partie que je me garderai de dévoiler évidemment …)

Il y a cependant de beaux messages véhiculés par cette histoire, celle de l’endoctrinement, que certains protagonistes remettront en cause au fil de leurs découvertes, et puis les différences de culture, la manière de traiter les femmes, la découverte des autres cultures mais j’avoue que cela n’a pas suffi à me convaincre d’attendre le second tome…

 

 

[x1], de Jehanne de Champvallon

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[x1] est un roman de SF, plus précisemment d’anticipation, qui a su me conquérir rien qu’au 4eme de couverture.

« Rapidement le soleil vient se placer haut dans le ciel. Des individus vêtus de noir, des hommes jeunes et minces, des femmes aux cheveux courts, sortent d’immeubles clairs. Ils se dirigent, tous, du même pas, vers d’autres immeubles ou vers des navettes. Ils ne se parlent pas, ne se regardent pas. Seul le bruit des semelles sur le sol dur se fait entendre. Entraînés qu’ils sont pour un but queux seuls connaissent, eux, si identiques et si disparates. »

L’idée d’une société aseptisée, peuplée d’êtres conditionnés par un ensemble de règles très stricte ne laissant place à aucun sentiment fait froid dans le dos aux humains que nous sommes. Et pourtant …
L’humain tel que nous le connaissons a péri vers 2080 et une nouvelle société a vu le jour, une poignée de survivants ayant bien pris soin d’analyser les échecs des sociétés passées pour ne plus revivre un tel chaos.

Le lien avec d’autres ouvrages abordant ce thème est palpable. Je pense immédiatement au « meilleur des mondes » du brillant Aldous Huxley qui avait retenu toute mon attention il y a quelques années. Mais ce roman a quelque chose de différent …

De l’incrédulité face a tant de soumission de la part des personnages, du doute aussi par rapport a certains points qui effectivement partent d’une bonne intention,…
Au final, ce livre montre que la société parfaite n’existe pas, que forcément il y aura toujours une faille dans toute conception mais surtout met en lumière la chance que j’estime infinie que nous avons de pouvoir choisir, mettre en doute, décider et surtout ressentir !!!

Les sentiments qui nous animent, qui nous poussent au pire comme au meilleur et que l’on tente souvent de réduire au silence au profit d’une rentabilité exacerbée qui n’est peut-être pas le choix qui était à faire sont une chance, qu’il nous faut en prendre conscience car qui sait? dans le futur nous n’auront peut être plus autant de chance !

Le roman est remarquablement bien écrit, il se lit facilement et j’ai eu du mal à le lâcher avant de l’avoir terminé.
La construction est très bien réalisée, les transitions efficaces sans êtres brutales, et le rythme est constant, mais sans longueur.
On se laisse porter par le fil de l’histoire et le final est plus que surprenant.
Je n’oserais écrire ici le mot qui m’est sorti de la bouche en lisant les derniers mots !

Je remercie les éditions Les Presses du Midi pour m’avoir mis un roman d’une telle qualité dans les mains, et Jehanne de Champvallon bien sur pour son talent dans l’écriture de ses 145 pages pendant lesquelles je me suis souvent remise en question!

[x1] est paru aux éditions Les Presses du Midi le 27 août 2009.

Broché, 145 pages,

Prix : 15,20€

  • ISBN-10: 2812700912
  • ISBN-13: 978-281270091

 

Du même auteur et toujours aux éditions Les Presses du Midi :