Connaissez-vous les Editions A l’Envers ?

Je ne résiste pas à vous partager un coup de coeur pour une maison d’édition suisse découverte ce matin …

http://editions-alenvers.ch/

Visuellement, le site est superbe, sobre, et plutôt renversant, si je peux me permettre le jeu de mots …

Voici un extrait de leur site, ou ils expliquent leur ligne éditoriale :

NOTRE PHILOSOPHIE

Nous aimons les livres, les vrais.
Ceux qui se transmettent de mains en mains pour leur beauté et leurs contenus surprenants. Ces ouvrages qui offrent un point de vue non-ordinaire sur le monde et livrent une vision souvent inconnue de celui-ci. Sous le chapeau des Éditions À l’Envers, nous avons choisi d’éditer selon nos coups de coeur; un texte, des poèmes, une série de photographies ou un carnet de croquis ou de gravures. Produits en série ou en tirage limité par nos soins dans notre atelier taille-douce, nos livres s’inventent au fil des projets. Nous avons pour ligne directrice de ne pas en avoir et de faire les chose à l’envers.

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Subjugée par leur originalité, et par la beauté des oeuvres qu’ils proposent, j’aurai prochainement l’occasion de découvrir et par la suite de vous faire découvrir la chronique de l’auteure PENFOLDS SARAH et son livre intitulé Quelque(s) part(s).Cliquez ici pour en découvrir le trailer en vidéo : Trailer et un extrait téléchargeable en pdf : PAR LA.

Bonne pré-découverte, et à bientôt pour la suite …

Les bateaux du jour J, Michel Giard

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Les bateaux du jour J sont parus aux éditions Alan Sutton et m’a été permis de découvrir grâce à l’opération Masse Critique du non moins célèbre site Babelio.

La couverture en noir et blanc nous montre un groupe de soldats, marins, en route vers une probable mission.
Sur leurs visages, on lit la peur mais également la détermination dans le rôle qui leur est confié. Ils sont des milliers à avoir embarqué, et à avoir servi sur les eaux des territoires occupés, groupés sur des bâtiments tels que l’USS Arkansas ou encore le Bismark.
C’est l’histoire de ces hommes, mais aussi des navires qui firent partie de cette tranche de l’Histoire  qui nous est offert dans ce livre.
C’est la guerre, nous sommes en janvier 1944, le général Montgomery découvre les plans de l’opération Overlord

A grand renforts d’images d’époques, d’affiches et d’encarts caractéristiques, cet ouvrage richement illustré nous présente les différents types de bâtiments : cuirassés, croiseurs, destroyers, dragueurs de mines, frégates et corvettes. Il y est aussi question de l’opération Neptune mais surtout de la victoire !

Agrémentées d’anecdotes historiques et de clichés représentants les soldats dans l’action, les informations reprises sont pertinentes, concises et constituent une bonne base de recherches pour qui souhaiterait approfondir le sujet.

J’ai trouvé l’ouvrage vraiment complet et intéressant pour sa concision ainsi que pour sa netteté de présentation qui le rend bien plus attractif que les ouvrages d’histoire classique. On est vite attiré par les illustrations et les informations techniques ne plombent pas la partie historique mais sont bénéfiques au public spécialisé. Il sera très apprécié au lecteur souhaitant obtenir des informations claires et précises sur les navires de guerre et nécessitant des mesures et chiffres précis.

Je recommande cette lecture qui rend ses lettres de noblesse à l’un des acteurs, et non des moindres, de la seconde guerre mondiale.

N’oublie pas de mourir, Bertrand Runtz

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N’oublie pas de mourir est édité aux Editions du Jasmin et m’a été permis de découvrir via le forum Libfly, dans le cadre de La Voie des Indés.

Bertrand Runtz, auteur de plusieurs ouvrages dont Amère et Reine d’un jour, nous ouvre la porte de l’intime, de la peur, du doute face à la maladie, mais aussi à l’espoir et aux souvenirs grâce à ce titre.

J’ai beaucoup apprécié le style et la manière d’aborder ce sujet difficile.

Au delà des thèmes tels que la maladie, le vieillissement de la population et les difficultés sociales, l’auteur sait choisir les mots justes et exprimer avec une émotion sincère les ressentis de ce père/fils qui tente avec force et persévérance mais aussi parfois avec peine et désarroi de faire face aux circonstances de la vie et de son cours inéluctable.

Si je devais choisir un mot pour décrire ce roman cela serait sans nul doute Dualité.
L’auteur se trouve sur le chemin de la Vie, entre ses enfants qu’il voit grandir et se développer, et son père qui évolue dans la maladie et perd un peu plus chaque jour le fil de la réalité. Entre développement et dégénérescence, entre bonheur et déception quand parfois le père a un éclair de conscience,il doit prendre des décisions difficiles aussi pour le bien de ses enfants et celui de son père.
Une vraie dualité dans l’écriture ressentie lors de l’explication des sentiments. Chaque moment de bonheur apporte sa pointe de tristesse, chaque tournant de la vie son soulagement mais sa culpabilité.
Au delà de tout, ce roman appelle à la compréhension, à la reconnaissance aussi.

Il ne s’agit pas d’un roman larmoyant, faisant la part belle au mélo-dramatique et au tragique de la situation. Bertrand Runtz a su choisir la manière d’aborder la question de l’Alzheimer Familial comme il aime à le citer en quasi toute impartialité. J’ai trouvé le choix des mots très juste et dosé, mais sincère, intime et pénétrant.

Je recommande cette lecture pour l’aspect littéraire mais également sociétal, espérant qu’il permettra a qui veut le lire un autre regard sur la famille d’un membre malade.

Merci Bertrand Runtz pour ce regard…

Le système d, Nathan Larson

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Tous mes remerciements les plus sincères aux éditions Asphalte ainsi qu’à Libfly pour leur confiance et pour ce partenariat.

Je souhaite débuter cette chronique en abordant les éditions Asphalte justement. Maison d’édition indépendante, voici la présentations que l’on peut trouver sur leur site :

« Asphalte publie depuis 2010 des fictions urbaines et cosmopolites. Attachée à la ville et à ses marges, elle défend une littérature à la frontière des genres, nourrie de pop-culture, de voyages et de musique. » C’est LA maison qui correspondait en tout point au style d’écriture proposé par Nathan Larson !

Musicien, producteur, compositeur, Nathan Larson signe sous le titre « The Dewey Decimal » son premier roman. Il est traduit en français et publié aux éditions Asphalte depuis juin 2014.

Résolument urbain, jusqu’au choix typographique et de couverture, Le Système D est une dystopie qui n’a rien à envier aux plus grands écrivains.

La claque tombe dès la première page tournée, où, larguée, je me retrouve en plein New-York post apocalyptique. Dewey Decimal est amnésique, hypocondriaque et légèrement parano … Il évolue dans une ville sans eau, sans électricité, sans essence, depuis que « Les Evènements du 14 février » ont plongé New-York dans le chaos. Afin de survivre, il est chargé par le proc’ de la ville d’éliminer certains individus indésirables, dont un Ukrainien particulièrement récalcitrant.
Armé de son gel désinfectant et de son Beretta, il nous faudra souvent reprendre notre souffle pour arriver à suivre le rythme et le suspens de ce premier roman…

J’ai vraiment apprécié, Nathan Larson a adapté le style, le langage, au genre, ce qui rend vraiment bien car ce n’est pas surjoué. Les protagonistes sont issus de la rue, et travaillent dans la rue, souvent entourés de personnes pas très recommandables, et le langage utilisé aide vraiment à se représenter l’univers dans lequel ils évoluent.

Les scènes sont très bien implémentées également, sans excès, ce qui fait aussi partie du genre puisque la concentration est axée sur les acteurs et leurs actions, en tenant peu compte de l’environnement dans lequel les actions se passent.
Il est toute fois très facile, merci la télé, de s’imaginer un New-York dévasté, glauque à souhait et truffé de cadavres de gangsters.
J’ai remarqué que l’auteur proposait une playlist, bien qu’original je n’ai pas trouvé cela particulièrement utile car à aucun moment il n’y fait référence dans le roman, donc cela ne permet en rien une meilleure immersion, au contraire d’autres auteurs comme Mathias Malzieu pour qui ces références étaient incontournables et très utiles. Ici, pas spécialement…

Ce livre est très prometteur, et franchement bien réalisé, encore une fois le premier roman n’a rien à envier aux écrivains confirmés. Je le conseille à qui désire un peu de vitesse, de rythme de lecture, aux amoureux de l’urban, et à ceux qui apprécient les univers dystopiques.

 

 

Le Système D, de Nathan Larson, est disponible dans toutes les bonnes librairies depuis le 5 juin 2014 au prix de 21€.
ISBN : 978-2-918767-43-5.

Lire un extrait ? ICI

 

 

 

 

Si je n’avais plus qu’une heure à vivre, Roger-Pol Droit

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Ecrivain-philosophe, Roger-Pol Droit, à peine le titre survolé, soulève une question essentielle sur le sens de nos vies et sur la relativité de nos soucis face à l’imminence de la mort.
C’est plongée dans une intense réflexion personnelle que j’ai soulevé le voile et pénétré dans l’univers intimiste de ce qui semble être la dernière heure de vie de l’auteur …

Plaisant de par la qualité du langage, la beauté des mots choisis alignés avec soin, j’ai été déroutée par l’absence de ponctuation. Seule pause admise, la virgule, comme autant de souffles entre les idées éparses ici livrées.
Il m’a fallu un moment pour m’y faire, cherchant fébrilement les points, séparation, paragraphes … Illusions qui m’amènent enfin à comprendre la mise en scène :
Nul ne sait quand arrive la fin, chaque moment compte, les pensées s’enchaînent, s’enchevètrent en une suite aussi logique qu’éparpillées, sans vraiment pouvoir maîtriser leur flux. Comprendre, refléter ces idées sur ma propre expérience de vie, guidée par les jalons posés par l’auteur qui aborde différents thèmes de la vie, certains passages font échos en moi, me percutent, raisonnent et sonnent comme une alarme, que ferais-je si ma vie devait s’éteindre dans 3600 petites secondes ?

L’exercice est manié avec talent, j’ai apprécié les références à différents philosophes ainsi que les passages cités, qui non seulement servent le texte avec brio mais permettent aussi de pousser la réflexion au delà des propos personnels de l’auteur.

Il est évident que « si je n’avais plus qu’une heure à vivre » n’est pas un ouvrage que l’on referme et oublie, il est un recueil de pistes, de réflexions, sur l’essentiel de notre vivant, de la manière dont nous voyons les choses et de notre volonté d’y évoluer dans la perspective que tôt ou tard, cette présence terrestre aura une fin et qu’on ne sait jamais quand sera posé le point final de nos existences …

Je remercie Babelio, pour avoir réalisé mon souhait de voir cet auteur au sein de ma bibliothèque, Roger-Pol Droit pour la qualité de son travail ainsi que les éditions Odile Jacob pour la générosité de cet envoi.

Si vous le souhaitez, une vidéo de présentation de l’auteur est disponible ICI.

 

Praerie, Jean-Luc Marcastel

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Merci aux éditions Scrinéo et à Livraddict pour ce partenariat.

Il faut souligner, en guise de résumé, la vidéo de Jean-Luc Marcastel disponible ICI, superbement mise en scène et originale.

Bien que j’aie peu été prise par ce roman, je vais tenter de vous en détailler les raisons.

A la lecture du 4ème de couverture, l’histoire me renvoie à des souvenirs de films et autres livres où les hommes côtoient le monde des insectes mais bien sûr, ce n’est pas parce que cela a déjà été utilisé que l’on ne peut l’évoquer à nouveau dans un livre et le faire bien, voire de présenter les choses sous un angle différent.
Je laisse donc cet aperçu de coté.

Le livre-objet est très joli, la typographie attrayante, et l’illustration bien en rapport avec le thème de la nature et fidèle à l’idée donnée par le résumé.
Un petit dossier est glissé avec le livre afin d’apporter des informations complémentaires sur l’ouvrage.
C’est là que je découvre que la lecture est adaptée aux enfants à partir de l’âge de 12 ans et largement relayée par les médias via les revues science et vie junior, je m’attends donc à un certain niveau scientifique.

Le début est assez déroutant car il y a beaucoup de termes codifiés qu’il faut aller découvrir dans les annexes ou dans le glossaire. Ceux-ci se situant en fin d’ouvrage, cela perturbe le rythme de lecture et est assez frustrant, d’autant plus qu’un mot amène à une définition qui elle même contient des mots codifiés qu’il faut encore déchiffrer. A peine l’exercice terminé, je peux reprendre la lecture la ou je l’avais laissée pour une ligne et de nouveau me voici à chercher une définition !
Frustrant je vous dit !
J’avoue avoir abandonné l’idée de suivre chaque redirection donnée par les multiples codes et ai poursuivi ma lecture comme une ignorante bienheureuse…Une suggestion serait d’avoir mis le glossaire à l’avant de l’ouvrage, ainsi d’ailleurs que le reste des annexes afin de permettre de se familiariser à ce monde « de dessous nos pieds » sans être sans cesse coupé dans la lecture…

Concernant l’histoire, je n’ai pas vraiment accroché… La langue locale est très vite démystifiée, et les intrigues peu crédibles.
On y présente les Sinks comme des prédateurs chez qui c’est « bouffer ou être bouffé ». Ok chez les insectes ce n’est pas les bisounours mais pour un ouvrage à tendance jeunesse, la scène de l’accouplement entre Lo’Hiss et la Douventre est assez choquante et peu adaptée à l’âge mentionné selon moi.
Il y a beaucoup de longueurs, des descriptions interminables rendant certaines scènes propice à l’égarement, alors que d’autres scènes auraient mérité qu’on s’y attarde beaucoup plus ( l’histoire de Séfan, et surtout la dernière partie que je me garderai de dévoiler évidemment …)

Il y a cependant de beaux messages véhiculés par cette histoire, celle de l’endoctrinement, que certains protagonistes remettront en cause au fil de leurs découvertes, et puis les différences de culture, la manière de traiter les femmes, la découverte des autres cultures mais j’avoue que cela n’a pas suffi à me convaincre d’attendre le second tome…

 

 

Une dernière fois la nuit, Sébastien Berlendis

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« Une dernière fois la nuit » est le premier récit de Sébastien Berlendis, l’ouvrage est sobre, très petit aussi, environ 90 pages.
90 c’est le triple de la durée que la vie a offert à cet homme qui s’en remémore une dernière fois les saveurs, seul, au 10 rue de la résistance … dans cet ancien sanatorium qui vit là ces dernières heures …

Je m’isole à mon tour pour en partager les fragments de vie, inconsciemment je sais déjà que cette lecture ne me laissera pas sans empreinte.

Dans les premières pages, il est écrit que la mémoire de l’homme s’effiloche … J’en suis donc le fil délicat, presque cassant, avec respect et douceur … je savoure chacun de ses mots, et quelques phrases plus loin je me surprends à en chuchoter certaines, comme pour mieux m’en imprégner, et c’est la révélation … Ce récit est à respirer plutôt qu’à lire

A la manière dont on prendrait une vieille pile de photos jaunies, pêle-mêle, l’homme décrit ce qu’il voit, en phrases courtes et saccadées, bribes de sensations ressenties face à tant de moment passés à lutter contre le mal qui le ronge.
Des paysages de montagnes d’Italie, qu’il décrit avec une poésie délicate, de son premier Amour, partie bien avant lui, des détails d’une vie qui s’annonçait merveilleuse mais qu’on a trop vite repris …

Je fais l’impasse sur nombre de détails mais au final, cela n’a que peu d’importance, ce livre est poignant, tellement doux et dur à la fois … L’écriture si particulière qui nous serre la poitrine, au fil des mots si bien choisis … Comme pour mieux faire ressentir cette oppression au lecteur …

C’était un merveilleux moment de lecture, je remercie Libfly et les éditions Stock pour m’avoir permis cette découverte qui fait sans conteste partie des meilleurs.