N’oublie pas de mourir, Bertrand Runtz

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N’oublie pas de mourir est édité aux Editions du Jasmin et m’a été permis de découvrir via le forum Libfly, dans le cadre de La Voie des Indés.

Bertrand Runtz, auteur de plusieurs ouvrages dont Amère et Reine d’un jour, nous ouvre la porte de l’intime, de la peur, du doute face à la maladie, mais aussi à l’espoir et aux souvenirs grâce à ce titre.

J’ai beaucoup apprécié le style et la manière d’aborder ce sujet difficile.

Au delà des thèmes tels que la maladie, le vieillissement de la population et les difficultés sociales, l’auteur sait choisir les mots justes et exprimer avec une émotion sincère les ressentis de ce père/fils qui tente avec force et persévérance mais aussi parfois avec peine et désarroi de faire face aux circonstances de la vie et de son cours inéluctable.

Si je devais choisir un mot pour décrire ce roman cela serait sans nul doute Dualité.
L’auteur se trouve sur le chemin de la Vie, entre ses enfants qu’il voit grandir et se développer, et son père qui évolue dans la maladie et perd un peu plus chaque jour le fil de la réalité. Entre développement et dégénérescence, entre bonheur et déception quand parfois le père a un éclair de conscience,il doit prendre des décisions difficiles aussi pour le bien de ses enfants et celui de son père.
Une vraie dualité dans l’écriture ressentie lors de l’explication des sentiments. Chaque moment de bonheur apporte sa pointe de tristesse, chaque tournant de la vie son soulagement mais sa culpabilité.
Au delà de tout, ce roman appelle à la compréhension, à la reconnaissance aussi.

Il ne s’agit pas d’un roman larmoyant, faisant la part belle au mélo-dramatique et au tragique de la situation. Bertrand Runtz a su choisir la manière d’aborder la question de l’Alzheimer Familial comme il aime à le citer en quasi toute impartialité. J’ai trouvé le choix des mots très juste et dosé, mais sincère, intime et pénétrant.

Je recommande cette lecture pour l’aspect littéraire mais également sociétal, espérant qu’il permettra a qui veut le lire un autre regard sur la famille d’un membre malade.

Merci Bertrand Runtz pour ce regard…

Le système d, Nathan Larson

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Tous mes remerciements les plus sincères aux éditions Asphalte ainsi qu’à Libfly pour leur confiance et pour ce partenariat.

Je souhaite débuter cette chronique en abordant les éditions Asphalte justement. Maison d’édition indépendante, voici la présentations que l’on peut trouver sur leur site :

« Asphalte publie depuis 2010 des fictions urbaines et cosmopolites. Attachée à la ville et à ses marges, elle défend une littérature à la frontière des genres, nourrie de pop-culture, de voyages et de musique. » C’est LA maison qui correspondait en tout point au style d’écriture proposé par Nathan Larson !

Musicien, producteur, compositeur, Nathan Larson signe sous le titre « The Dewey Decimal » son premier roman. Il est traduit en français et publié aux éditions Asphalte depuis juin 2014.

Résolument urbain, jusqu’au choix typographique et de couverture, Le Système D est une dystopie qui n’a rien à envier aux plus grands écrivains.

La claque tombe dès la première page tournée, où, larguée, je me retrouve en plein New-York post apocalyptique. Dewey Decimal est amnésique, hypocondriaque et légèrement parano … Il évolue dans une ville sans eau, sans électricité, sans essence, depuis que « Les Evènements du 14 février » ont plongé New-York dans le chaos. Afin de survivre, il est chargé par le proc’ de la ville d’éliminer certains individus indésirables, dont un Ukrainien particulièrement récalcitrant.
Armé de son gel désinfectant et de son Beretta, il nous faudra souvent reprendre notre souffle pour arriver à suivre le rythme et le suspens de ce premier roman…

J’ai vraiment apprécié, Nathan Larson a adapté le style, le langage, au genre, ce qui rend vraiment bien car ce n’est pas surjoué. Les protagonistes sont issus de la rue, et travaillent dans la rue, souvent entourés de personnes pas très recommandables, et le langage utilisé aide vraiment à se représenter l’univers dans lequel ils évoluent.

Les scènes sont très bien implémentées également, sans excès, ce qui fait aussi partie du genre puisque la concentration est axée sur les acteurs et leurs actions, en tenant peu compte de l’environnement dans lequel les actions se passent.
Il est toute fois très facile, merci la télé, de s’imaginer un New-York dévasté, glauque à souhait et truffé de cadavres de gangsters.
J’ai remarqué que l’auteur proposait une playlist, bien qu’original je n’ai pas trouvé cela particulièrement utile car à aucun moment il n’y fait référence dans le roman, donc cela ne permet en rien une meilleure immersion, au contraire d’autres auteurs comme Mathias Malzieu pour qui ces références étaient incontournables et très utiles. Ici, pas spécialement…

Ce livre est très prometteur, et franchement bien réalisé, encore une fois le premier roman n’a rien à envier aux écrivains confirmés. Je le conseille à qui désire un peu de vitesse, de rythme de lecture, aux amoureux de l’urban, et à ceux qui apprécient les univers dystopiques.

 

 

Le Système D, de Nathan Larson, est disponible dans toutes les bonnes librairies depuis le 5 juin 2014 au prix de 21€.
ISBN : 978-2-918767-43-5.

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