Les bateaux du jour J, Michel Giard

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Les bateaux du jour J sont parus aux éditions Alan Sutton et m’a été permis de découvrir grâce à l’opération Masse Critique du non moins célèbre site Babelio.

La couverture en noir et blanc nous montre un groupe de soldats, marins, en route vers une probable mission.
Sur leurs visages, on lit la peur mais également la détermination dans le rôle qui leur est confié. Ils sont des milliers à avoir embarqué, et à avoir servi sur les eaux des territoires occupés, groupés sur des bâtiments tels que l’USS Arkansas ou encore le Bismark.
C’est l’histoire de ces hommes, mais aussi des navires qui firent partie de cette tranche de l’Histoire  qui nous est offert dans ce livre.
C’est la guerre, nous sommes en janvier 1944, le général Montgomery découvre les plans de l’opération Overlord

A grand renforts d’images d’époques, d’affiches et d’encarts caractéristiques, cet ouvrage richement illustré nous présente les différents types de bâtiments : cuirassés, croiseurs, destroyers, dragueurs de mines, frégates et corvettes. Il y est aussi question de l’opération Neptune mais surtout de la victoire !

Agrémentées d’anecdotes historiques et de clichés représentants les soldats dans l’action, les informations reprises sont pertinentes, concises et constituent une bonne base de recherches pour qui souhaiterait approfondir le sujet.

J’ai trouvé l’ouvrage vraiment complet et intéressant pour sa concision ainsi que pour sa netteté de présentation qui le rend bien plus attractif que les ouvrages d’histoire classique. On est vite attiré par les illustrations et les informations techniques ne plombent pas la partie historique mais sont bénéfiques au public spécialisé. Il sera très apprécié au lecteur souhaitant obtenir des informations claires et précises sur les navires de guerre et nécessitant des mesures et chiffres précis.

Je recommande cette lecture qui rend ses lettres de noblesse à l’un des acteurs, et non des moindres, de la seconde guerre mondiale.

Si je n’avais plus qu’une heure à vivre, Roger-Pol Droit

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Ecrivain-philosophe, Roger-Pol Droit, à peine le titre survolé, soulève une question essentielle sur le sens de nos vies et sur la relativité de nos soucis face à l’imminence de la mort.
C’est plongée dans une intense réflexion personnelle que j’ai soulevé le voile et pénétré dans l’univers intimiste de ce qui semble être la dernière heure de vie de l’auteur …

Plaisant de par la qualité du langage, la beauté des mots choisis alignés avec soin, j’ai été déroutée par l’absence de ponctuation. Seule pause admise, la virgule, comme autant de souffles entre les idées éparses ici livrées.
Il m’a fallu un moment pour m’y faire, cherchant fébrilement les points, séparation, paragraphes … Illusions qui m’amènent enfin à comprendre la mise en scène :
Nul ne sait quand arrive la fin, chaque moment compte, les pensées s’enchaînent, s’enchevètrent en une suite aussi logique qu’éparpillées, sans vraiment pouvoir maîtriser leur flux. Comprendre, refléter ces idées sur ma propre expérience de vie, guidée par les jalons posés par l’auteur qui aborde différents thèmes de la vie, certains passages font échos en moi, me percutent, raisonnent et sonnent comme une alarme, que ferais-je si ma vie devait s’éteindre dans 3600 petites secondes ?

L’exercice est manié avec talent, j’ai apprécié les références à différents philosophes ainsi que les passages cités, qui non seulement servent le texte avec brio mais permettent aussi de pousser la réflexion au delà des propos personnels de l’auteur.

Il est évident que « si je n’avais plus qu’une heure à vivre » n’est pas un ouvrage que l’on referme et oublie, il est un recueil de pistes, de réflexions, sur l’essentiel de notre vivant, de la manière dont nous voyons les choses et de notre volonté d’y évoluer dans la perspective que tôt ou tard, cette présence terrestre aura une fin et qu’on ne sait jamais quand sera posé le point final de nos existences …

Je remercie Babelio, pour avoir réalisé mon souhait de voir cet auteur au sein de ma bibliothèque, Roger-Pol Droit pour la qualité de son travail ainsi que les éditions Odile Jacob pour la générosité de cet envoi.

Si vous le souhaitez, une vidéo de présentation de l’auteur est disponible ICI.

 

Blood Song, de Anthony Ryan

Il y a certains soir ou patienter dans une file à la poste est plus plaisant que d’autres …
Et bien cette fois, la récompense ne s’est pas faite attendre … Dans une enveloppe matelassée m’attendait « Blood Song » autrement appelée La Voix du Sang, d’Anthony Ryan !

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LA révélation fantasy de l’année, selon Bragelonne et Babelio, que je remercie d’ores et déjà pour leur confiance et leur générosité.

La couverture de cette épreuve non corrigée reçue dans le cadre d’un masse critique est intriguante car tend plutôt à se rapprocher du genre vampire / bit-lit que de la fantasy pure. En vérifiant sur internet la couverture définitive, je pourrai découvrir que ce n’est pas du tout le cas et que la vraie couverture reprend tous les éléments d’un livre du genre.

700 pages, pour un premier roman, c’est un sacré pari. D’autant plus que j’ai entendu dire que cela ne serait que le premier tome d’une saga à venir.
Pas de temps à perdre, je termine Le Nom du Vent ( ca tombe bien puisque j’ai lu que Blood Song marcherait sur les traces de Patrick Rothfuss … ) et j’entame immédiatement ce premier volume.

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J’ai adoré la première partie, souvent étonnée par la qualité d’écriture d’Anthony Ryan. Je vous assure qu’il est difficile de penser que c’est un premier roman, même pour un lecteur féru de fantasy.

Si la trame de départ n’a rien d’original ( un jeune garçon, Vaelin, livré contre son gré à un ordre, par son propre père juste après le décès de sa mère ) on peut dire que la richesse des détails, de l’environnement, plantent bien le décor. Les personnages ne sont pas trop nombreux, bien qu’on y détaille les caractères de plusieurs compagnons et des maîtres du jeune apprenti cela n’est pas pesant, et permet d’entrer dans le rôle … La chronologie est bien respectée, et subtilement indiquée par les différentes épreuves qui attendent les élèves. Ce qui permet dans le même temps de sentir qu’ils prennent de la maturité.

Ensuite, je pense que j’ai décroché … un combat, ensuite un autre … mais je n’ai pas compris la transition qui a poussé Vaelin à se livrer à tant de combats, si ce n’est un mauvais choix, que je me garderai d’expliquer pour ne pas dévoiler des éléments clés du récit …

Je disais donc .. j’ai décroché, sans doute du fait que les combats ne m’ont pas semblés détaillés, l’auteur écrit la succession des coups portés mais sans y apporter l’action, et la vitesse nécessaire pour s’immerger dans la bataille. Les récits du genre plantent en général le décor en abordant les ressentis des acteurs, y apportant parfois une note d’angoisse par le temps qu’il fait ou par les couleurs des paysages … Rien de tout cela ici, les combats s’enchaînent, les amis combattent sans arrêt et les enjeux ne semblent ni les effrayer ni les satisfaire …

L’impression pour la suite est celle d’un fil conducteur brisé, et d’ajouts divers tels que l’aspect religieux, mystique qui a mon sens aurait pu être bien plus développé. Ces sujets ne sont pas amenés naturellement dans le récit mais imposés là, sans que l’on comprenne vraiment d’où est arrivée cette idée … soit … on se replonge dans la lecture et …ses batailles …

La toute dernière partie par contre a su récupérer momentanément mon attention. Une touche de romance, un retour sur l’aspect psychologique de la quête de Vaelin et un dénouement quant aux nombreux virages politiques du récit était la bienvenue pour terminer ce premier tome qui s’achève néanmoins sur une conclusion à multiples possibles … mais pas forcément logique …

J’ai eu l’impression à la fin de ma lecture que l’auteur a proposé à la maison d’édition un roman très travaillé, sans doute même depuis plusieurs années, qui comprenait le début et la fin mais que, Game of Thrones Mania oblige, on lui a imposé une volée de combats et de violences qu’il a ajouté sans en avoir visuellement décidé du contenu.

Je dois dire aussi que les espaces inter – situations, j’entends par là la manière de laisser un blanc entre un morceau de récit et un autre pour montrer que l’on est passé d’une scène à une autre, ou d’un point de vue à l’autre, n’est pas très marqué et parfois pas très à propos.
Un espacement plus conséquent ou une phrase supplémentaire pour faire la dissociation aurait été bienvenue.

Je pense qu’une dynamisation des combats avec un peu plus de mise en scène serait nécessaire, le potentiel de ce livre est énorme et aborde des thèmes très prometteurs et riches en possibilités qu’il est dommage de les laisser juste plantés la sans les lier les uns aux autres.

Pour conclure, un très bon roman, en effet assez proche de tous les connus du genre Fantasy tels que le nom du Vent, mais aussi Robin Hobb et les aventures de Fitz mais pas tout à fait à la hauteur de la description des éditions Bragelonne.

La Voix du Sang , sortie prévue le 18 juin 2014 aux éditions Bragelonne

ISBN : 978-2-35294-750-9

Prix public : 23€

Vive l’Anarchie, de John & Jana

J’avais déjà fait un premier billet là-bas dès réception.
Voici maintenant la chronique après lecture …

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Vive l’anarchie, de John et Jana, paru aux éditions Graine 2, m’a été offert dans le cadre de l’opération Masse Critique Jeunesse.
Le concept est novateur, j’imagine qu’un titre tel que Vive l’anarchie doit dénoter dans les rayonnages des librairies enfantines, généralement chargées de « Pol écoute sa maman » ou encore « ne pas faire ses devoirs c’est mal » …

Heureusement, la couverture adoucit un peu le choc ! Les couleurs sont vives mais pas criardes, et le petit personnage aux cheveux bleu-vert donne le ton avec son costume !

Je pense que ce livre est une très bonne base de réflexion à mettre en place avec l’enfant. En tant qu’outil didactique, il permet de réfléchir sur ses petites phrases, parfois de bon conseil mais parfois aussi de moins bon ! J’espère en tout cas que c’est le but recherché car « déchire ce livre » à la fin de l’ouvrage ne me paraît pas être le meilleur choix à faire ?

Ce livre est donc à ne pas laisser entre les mains de l’enfant seul, mais un accompagnant pour les lectures du soir, une manière d’apprendre qu’il faut bien évidemment ne pas prendre tout ce qu’on leur dit pour acquit, sans réfléchir, même si cela est écrit dans un livre …

Merci à Babelio, pour la sélection, et aux éditions Graine 2 pour leur générosité et leur rapidité d’envoi !

 

Vive L’Anarchie – John Seven & Jana Christy

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Reçu ce matin dans ma boîte au lettre dans le cadre d’un masse critique jeunesse sur Babelio.
Merci d’avance aux éditions Graine2, et à Babelio de m’avoir fait confiance pour chroniquer ceci.

J’essayerai de le lire ce week-end (j’espère que le lutin qui fait avancer les aiguilles de l’horloge Week-End sera indulgent car j’ai un milliard de choses à faire en seulement 2 jours et j’entends déjà l’appel des livres de ma PAL qui m’appellent et me supplient de me poser dans le canapé pour m’occuper de leur lecture !)

Quoi? ça ne vous le fait jamais à vous?

A suivre ….

Manuel de Survie à l’usage des incapables – Thomas Gunzig

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Ma note : 4/5

Premier coup d’oeil à la couverture intriguante, mademoiselle curiosité palpite!

Format de livre sympathique, je préfère les livres épais mais dont le format dépasse légèrement du poche plutôt que les grands livres plus fins
Chouette couverture, dynamique et sobre à la fois, bien représentative du titre « manuel » de par la police choisie et la mise en scène graphique.
première impression très positive, avec avidité je commence la lecture …

Pas de prologue, ici on va a l’essentiel. Je sens que le rythme de ce bouquin va être rapide, on ne s’embarrasse pas avec des information préalables ou mise
en condition littéraire, allons au vif du sujet!
Je n’apprécie pas trop le papier choisi, il est râpeux, comme de moindre qualité.

Jean-jean, agent de sécurité(?) chargé de monter une surveillance contre une caissière accusée de passer les articles trop lentement.
( remise en cause de la productivité, culture d’entreprise, tout le monde lié par l’argent doit faire le salaud car peur) etc … Tous les grands clichés de la société actuelle sont mis en scène, SF vous avez dit ? actualité plutôt et malheureusement d’ailleurs …
Il est témoin d’un meurtre accident en voulant piéger une caissière que la direction ne savait pas licencier par voie normale.
Non soutenu par sa femme qui ne voit que par elle, il subit le sentiment de frustration qu’elle exorcise dans la violence.
Il m’a fallu attendre la page 128 pour me rendre compte de l’espace temps. Avant cette page, je pensais que le roman était écrit à notre époque.
Le détail révélé ici m’a fait comprendre que l’auteur nous transporte dans un futur proche.

J’aime l’organisation des chapitres, courts, alternant les points de vue pour une même scène en se plaçant alternativement du coté de chacun des protagonistes, avec
un léger décalage de temps qui permet de continuer à avancer dans l’histoire tout en comprenant tous les points de vue. Très intéressante technique.
Sans vouloir dévoiler plus d’éléments de l’histoire, l’auteur présente la manière dont l’humain est mis de coté, je veux dire l’humanisation globale de chacun, au profit de la rentabilité patronale et de l’individualisme poussé à l’extrême et motivé par la progression professionnelle.
Ce sentiment est très présent dans notre société et brillament mis en mots dans ce roman.
Le rythme ralentit peu à peu, j’ai toujours autant de mal à arrêter ma lecture une fois que je m’y plonge mais les scènes sont plus statiques.

Je suis un peu déçue par la dernière partie du roman. La bombe littéraire qui m’était mise entre les mains en début d’ouvrage se transforme en roman beaucoup plus centré sur les histoires d’amour et de désamour de madame tout-le-monde avec juste une pointe de sexe pour se mêler à la tendance actuelle de la mode 50 nuances et consorts.
Dommage, j’aurais préféré continuer sur un éveil de ma conscience, et bien que friande du second degré et au delà, je suis restée sur ma faim …
J’ai comme l’impression que l’auteur avait un sujet énorme entre les mains, bouillonnait de nous le faire partager ( ce qui expliquerait le rythme effréné des premiers chapitres ) mais que son inspiration s’étiolait petit à petit jusqu’à s’éteindre complètement lors du dernier chapitre.

J’ai néanmoins mis une note élevée car le talent de Thomas Gunzig ne manquait pas et que j’ai vraiment pris du plaisir à lire « Manuel de survie à l’usage des incapables« . A mon sens c’est un réel bon livre.
Je l’ai d’ailleurs recommandé à plusieurs de mes connaissances!

Merci à Babelio et aux éditions Au Diable Vauvert pour ce bon moment de lecture et pour la confiance dans ma critique. J’espère avoir été à la hauteur de leurs espérances.