Une larme de rhum dans le thé, Yolaine von Barczy

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S’éteint-on forcément avec l’âge ? Rien n’est moins sûr. À condition de savoir parfois faire resurgir le croustillant du passé.

Les vieilles dames de ces nouvelles ont toutes délicieusement flirté avec les limites. C’est ce qui les rend si lumineuses. Tour à tour malicieuses, courageuses ou amoureuses, elles nous offrent ce qu’elles ont de plus secret et de plus humain : un soupçon d’indignité.

Yolaine von Barczy, 45 ans, est directrice des ressources humaines et passionnée par les rapports humains. Elle a participé à beaucoup de concours de nouvelles dont certaines ont été primées.

Second ouvrage issu de mon récent partenariat avec les Editions Baudelaire, Une larme de rhum dans le thé bouscule un peu les idées préconçues que l’on ne manque jamais de se faire sur les autres.
Dans ces douze nouvelles, l’auteure nous présente, de façon très intimiste, des personnes qui ont parfois eu un lourd secret à porter.

Certaines nouvelles surprennent, d’autres choquent, ou attristent.
Une larme de rhum dans le thé c’est le parcours de vie de gens qui ont, à un moment, flirté avec les limites de l’indigne, de l’impensable.

J’ai aimé ces mises en situation qui selon moi posent un regard sur les a priori, les conclusions que l’on tire souvent très vite, au jugement d’une personne sans connaître son vécu, ses valeurs.

Et si le temps d’une lecture ont vous mettait face à ces préjugés?
Laissez-vous surprendre…

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Wonder Mum en a ras la cape, Serena Giuliano Laktaf

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« Mais qu’est ce qui m’a pris de vouloir des enfaaaannnntttssss !!!!!$$* !

Avouez, vous l’avez déjà dit, ou minimum pensé, en découvrant la dernière bêtise de ces chères petites têtes blondes (ou brunes, ou rousses d’ailleurs, pas de jaloux) que sont vos héritiers!

Il y a des jours où on aimerait, non mais … non, bien sûr qu’on ne regrette pas ce merveilleux jour … soit … que celle qui n’a jamais pensé ceci me jette la première couche euh … pierre !

C’est avec un humour tranchant mais surtout super efficace ( des rumeurs disent que le livre serait remboursé par la sécu, si si ) que l’auteure nous emmène dans le monde merveilleux de la maternité moderne.

La mise en page, les polices choisies, j’ai kiffé, j’avoue, je l’ai lu d’une traite.

Franchement, Wonder Mum c’est vraiment une héroïne, et qui en a dans la cape en plus pour oser nous raconter tout ca malgré le contrat signé à la maternité. C’est une rebelle, une vrai, une qui n’a pas peur des représailles de la brigade des nurses ! (oui je suis aussi un petit peu fan de Florence Foresti, mea culpa)

Que vous soyez mère, père, ou pas, ce livre est une pilule de Xanax contre toute forme de morosité. 
Et quand y en a plus ? Il reste le site internet, n’hésitez pas à cliquer ICI de vos petites mains tremblantes pour le découvrir…

Merci aux éditions Baudelaire pour leur confiance et cette découverte qui a égayé ma journée et celle de mes connaissances à qui j’ai présenté le livre.

Message spécial à l’attention de Wonder Mum : continuez à faire des enfants surtout 😉

Laudanum, Virginie Begaudeau

Tic, tac, tic, tac …

C’est aujourd’hui la sortie de Laudanum, de Virginie Begaudeau, paru aux éditions Books on Demand.

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« Ils atteignaient leur objectif, je le sentais, éradiquant la trace de l’insanité qui n’était, en fait, que ton ombre. Je ne prévoyais plus de m’en tirer, tu sais, j’attendais seulement de m’étourdir la nuit tombée. De m’étouffer d’une dose trop belle de laudanum. »

1903, Moïra est mise en exil pour avoir choisi de croire en un rêve censuré. Suite aux troublants événements qui ont accompagné son enfance, elle se retrouve entre les murs de Beauregard, unie à Noé, liée aux mensonges obscurs de son foyer et enchaînée à cet homme venu de nulle part.

Sa rencontre avec Claire Bach, jeune psychiatre en devenir, changera définitivement sa vision du monde, la protégeant des insensés qui l’anéantissent.

Un roman singulièrement aliénant sur le chemin détourné d’une jeune fille qui tente, par tous les moyens, de sauver sa réalité.

Pour le découvrir en images, c’est par ici :

Et pour vous le procurer, c’est par ici !

D’ores et déjà beaucoup de succès à Virginie Bégaudeau pour ce nouvel opus … et à très bientôt pour ma chronique…

Les fantômes de Port-Winston, Michel Giard & Patrick Bousquet-Schneeweis

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Destinée à la jeunesse, cette collection, qui comporte plusieurs exemplaires (Voir liste complète ici) relate sous forme de nouvelles l’histoire de la France dans sa lutte contre les troupes allemandes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

La nouvelle, d’une cinquantaine de page, démarre par une mise en scène très douce mais très prenante aussi afin d’amener le lecteur à se plonger dans le passé.

Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, de nombreux faits historiques viennent étayer le roman, des renvois à une documentation très complète mais jamais inutile complètent la partie nouvelle.

J’ai aimé la manière dont l’auteur amène le récit, un carnet, découvert par une femme, 50 ans passé après la guerre. A la lecture de celui-ci, elle revit les faits.

Dans le sixième volume, c’est la participation au cinquantenaire du débarquement qui ravivera l’étincelle du souvenir dans les yeux d’un vétéran …

Les illustrations sont attirantes, les titres accrocheurs, et la petite taille des ouvrages permettent une lecture rapide et aisée.

Le vocabulaire est simple mais pas vulgarisé à outrance, les mots choisis sont adaptés aux faits, qui d’ailleurs ne sont pas édulcorés. L’enfant, ou sans doute plutôt l’ado qui lira cette collection, aura conscience de la cruauté et de la violence des évènements.

C’est une collection qui trouve sa place dans toute bibliothèque, qui pourra aussi appuyer les cours d’histoire ou même à des fins de lecture plaisir, et pas que pour les plus jeunes.

Merci à Michel Giard pour sa confiance, et pour m’avoir fait parvenir « Les fantômes de Port-Winston » que j’ai vraiment apprécié, ainsi que « go ! Geronimo ! ».

Le dernier chat noir, Eugène Trivizas

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Pour débuter, un petit mot sur l’illustration : Je n’aime pas trop. Pas que celle-ci spécialement soit moins belle qu’une autre mais la tendance au « dessin minimaliste crayonné » ne me plaît pas du tout et pourrait même m’empêcher de repérer ce livre en librairie. Mais … là n’est pas le sujet puisque ce livre m’a été permis de découvrir par les éditions du Jasmin.
Comme toujours, le soin apporté à l’envoi et la petite carte personnalisée sont appréciables. Merci à l’éditeur qui a su me surprendre et m’a fait passer un très bon moment. 

Le dernier chat noir a été traduit du grec, langue maternelle de l’auteur Eugène Trivizas. Ce dernier a déjà une centaine de livres pour la jeunesse, et ses œuvres traduites en 17 langues. Il est aussi le lauréat de nombreux prix.

L’histoire est relatée à la première personne. Devrait-on dire première perso-chat ? Car il semble que je sois un chat 🙂

Dès les premières lignes, l’accent est mis sur la description qui permet une immersion douce, mais totale, dans le récit.

« Je t’aimerai toute ma vie. Je t’aimerai de toutes mes sept vies ». Déclaration d’amour chat …

L’intrigue de départ porte sur la disparition subite et étrange de tous les chats noirs d’une île. Descriptions de scènes rocambolesques, cocasses, dignes des meilleurs dessins animés, la même dynamique anime ce récit et la visualisation est immédiate.

Passé le coté mignon et attendrissant que l’on reconnait toujours à la race féline, l’auteur place le récit au centre de la machination dont sont victimes notre protagoniste et ses amis face à un collectif d’humains superstitieux mais ô combien influents auprès de la population de l’île.
La traque, sans relâche, nous mènera à nous cacher dans bien des endroits incongrus, cherchant à fuir la violence et la haine humaine, bravant les dangers pour sauver un compatriote, survivre face à la trahison de ceux que l’on croyait nos amis, et voir partir parfois de braves compagnons…

La morale est transposable à l’homme, et c’est un de ses points forts.
Les multiples niveaux de compréhension permettent à chaque lecteur d’y trouver son compte, et d’en retirer une réflexion personnelle.
Bien sûr il n’est pas à conseiller aux plus jeunes, certaines scènes sont d’une cruauté intense, mais plutôt à réserver à une population de jeunes adultes/ adultes.

J’ai apprécié le parallélisme subtil avec l’holocauste, les croyances faciles du petit peuple, les discours de politiciens qui stigmatisent une minorité. La demande d’aide des chats noirs aux autres qui ne veulent rien savoir parce que pas visés alors qu’ils ne semblent pas plus à l’abri des drames, la main tendue du noir au blanc, le riche aristocrate qui doit manger des détritus pour survivre, la coulée du bateau ou encore lorsque les héros noirs sont acclamés, autant de symboles qui portent la réflexion au-delà du simple dépaysement proposé par le récit.

Je crois que vous l’aurez compris, ce livre je l’ai adoré, je mis suis plongée, j’ai vécu sur les toits, j’ai eu peur, bref … j’ai été un chat 🙂

Je vous le recommande vivement !

Impressions lointaines, Elodie Agnesotti

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Voilà un moment que j’avais discuté avec Elodie Agnesotti, et qu’elle m’avait fait parvenir son livre sobrement libellé sous « poésie & photographie ».
En belle position dans ma bibliothèque, j’avais pourtant dû plusieurs fois repousser ma lecture, bien que la couverture amenant au voyage ainsi que le titre « impressions lointaines » m’intrigue.
Je souhaitais réserver à Impressions Lointaines un accueil et une attention digne d’un recueil de poésies.

Ce soir, il est venu à moi.

Au coin de flammes

Étrangères

J’ai assis mon silence

Et ma condescendance

Posé

La civilisation

Qui me sciait le dos

J’avais décidé de voyager avec lui, et j’ai savouré ce départ … pour les mots …

Je pourrais choisir de disserter sur les multiples possibles et contradictions de ces deux mots « impressions lointaines » mais sa signification s’impose à moi : les paysages m’ont fait voyager, avec leur auteure, puisqu’elle a elle-même réalisé chacun des magnifiques clichés du recueil.
A plusieurs reprises j’ai relu ces mots qui composent son histoire, je les ai scandés, pour mieux m’en imprégner, j’ai glissé le long des steppes, j’ai médité, senti le souffle du vent qui l’a portée, j’ai partagé ses intimes fragments de cœur qu’elle a semé au fil des poèmes qui peuplent les feuillets.

Une fois le livre refermé, j’ai dû prendre un moment pour reprendre le cycle trop rapide de la vie.
Ou étais-ce un moment de partage ? De recueillement ?
Un sentiment de sérénité et de calme m’avait envahi c’est évident, je revenais d’ailleurs …

Merci pour ce partage, pour ces vues, pour ces mots que vous maniez si bien, Elodie.
J’espère et vous souhaite sincèrement qu’au détour d’un chemin, le succès et la découverte d’Impressions Lointaines vous mènent au bout de vos rêves …

Impressions lointaines

ISBN 978-2-9550373-0-0

Rouge novembre, de Pierre Guyaut-Genon

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Avant de se consacrer à l’écriture, l’auteur a joui d’une carrière médiatique de 40 années, à la RTBF, avec une prédilection pour classic 21.
Il est également l’auteur de 10 romans, de pièces de théâtre, et a collaboré à l’écriture de one man show.

[ Présentation de l’auteur sur rtbf.be ]

Avec Rouge Novembre, il amène un regard percutant et teinté d’humour sur les tueries du Brabant, qui, pour mémoire, secouèrent la Belgique il y a une trentaine d’années, et n’ont d’ailleurs jamais été élucidées !

Ce roman fait partie de la collection roman, des éditions Méhari.

Reconnaissable à sa couverture en noir et blanc, l’illustration de ce roman se prête plus à la thématique, contrairement au précédent ouvrage que j’avais pu découvrir de cet éditeur. (Salle d’attente, de Marc Varence).

Haletant ! C’est le moindre des qualificatifs que je réserve à ce roman ! J’ai tout bonnement adoré !

Je ne suis pas friande de polar, mais dans ce cas, j’en redemande !

La richesse de l’information, la précision dans la narration des faits jusque dans les moindres détails, les ambiances, les rythmes qui s’accélèrent au rythme des casses qui s’enchaînent, Rouge Novembre se lit à toute allure …
A plusieurs reprises, je me suis demandée comment il était possible de décrire les meurtres avec tant de réalisme, après tout comme l’auteur le fait remarquer, cela aurait pu arriver … ? Et parfois je me demande si justement, ça aurait pu arriver.
J’ai été impressionnée par la mécanique mise en place par ces tueurs professionnels, écœurée par la puissance et la profondeur de leur réseau, jusque dans les arcanes de la justice !

Et la police … perdue, qui se fait balader d’un coté à l’autre de la Belgique sans comprendre ce qui lui arrive …

Un roman d’une grande qualité, d’écriture, et d’information, bien sûr romancée, mais qui éveille la curiosité de ceux qui, comme moi, connaissaient peu l’histoire et donc chercheront probablement plus amples détails.