Psyché, Damien Eleonori

psyche

Psyché, un premier roman de Damien Eleonori.

Nombreux sont les thèmes abordés dans ce roman qu’on peine à qualifier tant les orientations sont multiples … Thriller ? Esotérique ? A chacun d’y voir son intérêt.

Quand il s’agit d’un premier roman les idées fusent, depuis tellement d’années et lorsque le rêve se réalise et par là même la concrétisation du projet d’écriture, on y met toutes ces sources, effleurant et entremêlant tout ce qu’on a mis précieusement de côté toutes ces années. Cela donne souvent naissance, et Psyché n’échappe pas à la règle, à un roman riche en fils conducteurs et en information.

Les thèmes choisis ici sont tous très intéressants. On sent qu’il y a du potentiel et une vraie inspiration, malheureusement le format du livre ne permet pas un développement complet de chaque élément, et c’est dommage, j’aurais aimé voir certaines notions plus en détail.
Il aurait été possible d’associer les thématiques abordées car elles sont toutes complémentaires mais il aurait fallu alors augmenter considérablement la taille de l’histoire, solution peut-être non envisageable au moment de la publication.

Au fil des pages, la vitesse et l’orientation du roman prend son envol, attisant ma curiosité et me poussant à des recherches culturelles supplémentaires (ex : chat de Schrödinger, univers parallèles, etc …) qui m’ont fait creuser plus loin sur internet.

A l’inverse, l’évocation de théories populistes contemporaines et de faits tels que Ebola, tsunami n’apportent pas de valeur ajoutée au roman. Si ces notions rendent le roman très actuel et abordable par tous, elles ne sont à mon sens pas analysées dans une démarche de construction mais juste évoquées, et pas spécialement utiles …

Les évènements sont pris, pour ma part,  comme des pistes de réflexion philosophiques, ou comme des mots-clés si on veut, mais l’histoire  qui relie le tout ne m’est pas parue aussi travaillée que ces pistes. L’attention portée sur les personnages y est peut être pour quelque chose : Je n’ai pas ressenti d’empathie et j’ai un peu de mal à resituer les protagonistes dans la chronologie.

Au final, la découverte d’un auteur à la personnalité très sympathique et ouvert, truffé d’idées plus intéressantes les unes que les autres, à l’écriture un peu brute mais à bon potentiel et qui mérite l’attention du public.

Je suis intriguée à l’idée de lire la suite des romans de cet auteur ; La multiplicité de ses idées mêlée à l’affinage de son écriture au fil de ses publications en fait un nom à surveiller de près !

Psyché n’a pas encore trouvé de maison d’édition et n’est donc disponible que par le biais de son auteur, n’hésitez pas à lui écrire ! 

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Les envies du mercredi #8

Bonjour !

Comme chaque mercredi, voici quelques suggestions de lectures tirées de ma wishlist :

 

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L’heure des fous, de Nicolas Lebel.

Pourquoi ce choix?

   Peu amatrice de polars en général,je pensais découvrir un thriller, au vu de la couverture. L’illustration est superbement réalisée et c’est ce qui m’a poussée à lire le résumé de ce titre. Le petit plus sans doute, l’hommage à Audiard, et l’humour en filigrane dans ce roman qui du coup a su piquer ma curiosité.

 

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Salut Marie,  d’Antoine Senanque.

Pourquoi ce choix?

   On dirait que cette semaine est la semaine de la contradiction ! Et bien ce choix parce que les ouvrages religieux ne m’intéressent pas mais que la l’illustration et la présentation sont audacieuses donc … au moins pour l’audace d’avoir mêlé religion et vie quotidienne dans un mélange improbable …

 

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Purgatoire des innocents, de Karine Giebel.

Pourquoi ce choix?

   Un thriller vraiment noir. L’histoire de deux frères dont l’un sort tout juste de prison et entraîne l’autre dans un braquage qui tourne mal. Un scénario classique mais toujours efficace.

 

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J’aurais préféré m’appeler Dupont, de Guillemette le Vallon de la Ménodière

Pourquoi ce choix?

   Quand on est né dans l’aristocratie, on est promis à une looongue liste d’attentes et d’obligations … Vu sous l’angle de la classe moyenne, la richesse fait envie, les possessions, les jolies choses, les repas à plusieurs services.
Dans ce livre, l’auteure nous emmène dans un monde ou finalement un enfant rêve de choses simples, aller chez Flunch, manger avec les doigts …  Et écrit avec humour, ca donne envie !

 

A la semaine prochaine 😉

 

 

Blood Song, de Anthony Ryan

Il y a certains soir ou patienter dans une file à la poste est plus plaisant que d’autres …
Et bien cette fois, la récompense ne s’est pas faite attendre … Dans une enveloppe matelassée m’attendait « Blood Song » autrement appelée La Voix du Sang, d’Anthony Ryan !

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LA révélation fantasy de l’année, selon Bragelonne et Babelio, que je remercie d’ores et déjà pour leur confiance et leur générosité.

La couverture de cette épreuve non corrigée reçue dans le cadre d’un masse critique est intriguante car tend plutôt à se rapprocher du genre vampire / bit-lit que de la fantasy pure. En vérifiant sur internet la couverture définitive, je pourrai découvrir que ce n’est pas du tout le cas et que la vraie couverture reprend tous les éléments d’un livre du genre.

700 pages, pour un premier roman, c’est un sacré pari. D’autant plus que j’ai entendu dire que cela ne serait que le premier tome d’une saga à venir.
Pas de temps à perdre, je termine Le Nom du Vent ( ca tombe bien puisque j’ai lu que Blood Song marcherait sur les traces de Patrick Rothfuss … ) et j’entame immédiatement ce premier volume.

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J’ai adoré la première partie, souvent étonnée par la qualité d’écriture d’Anthony Ryan. Je vous assure qu’il est difficile de penser que c’est un premier roman, même pour un lecteur féru de fantasy.

Si la trame de départ n’a rien d’original ( un jeune garçon, Vaelin, livré contre son gré à un ordre, par son propre père juste après le décès de sa mère ) on peut dire que la richesse des détails, de l’environnement, plantent bien le décor. Les personnages ne sont pas trop nombreux, bien qu’on y détaille les caractères de plusieurs compagnons et des maîtres du jeune apprenti cela n’est pas pesant, et permet d’entrer dans le rôle … La chronologie est bien respectée, et subtilement indiquée par les différentes épreuves qui attendent les élèves. Ce qui permet dans le même temps de sentir qu’ils prennent de la maturité.

Ensuite, je pense que j’ai décroché … un combat, ensuite un autre … mais je n’ai pas compris la transition qui a poussé Vaelin à se livrer à tant de combats, si ce n’est un mauvais choix, que je me garderai d’expliquer pour ne pas dévoiler des éléments clés du récit …

Je disais donc .. j’ai décroché, sans doute du fait que les combats ne m’ont pas semblés détaillés, l’auteur écrit la succession des coups portés mais sans y apporter l’action, et la vitesse nécessaire pour s’immerger dans la bataille. Les récits du genre plantent en général le décor en abordant les ressentis des acteurs, y apportant parfois une note d’angoisse par le temps qu’il fait ou par les couleurs des paysages … Rien de tout cela ici, les combats s’enchaînent, les amis combattent sans arrêt et les enjeux ne semblent ni les effrayer ni les satisfaire …

L’impression pour la suite est celle d’un fil conducteur brisé, et d’ajouts divers tels que l’aspect religieux, mystique qui a mon sens aurait pu être bien plus développé. Ces sujets ne sont pas amenés naturellement dans le récit mais imposés là, sans que l’on comprenne vraiment d’où est arrivée cette idée … soit … on se replonge dans la lecture et …ses batailles …

La toute dernière partie par contre a su récupérer momentanément mon attention. Une touche de romance, un retour sur l’aspect psychologique de la quête de Vaelin et un dénouement quant aux nombreux virages politiques du récit était la bienvenue pour terminer ce premier tome qui s’achève néanmoins sur une conclusion à multiples possibles … mais pas forcément logique …

J’ai eu l’impression à la fin de ma lecture que l’auteur a proposé à la maison d’édition un roman très travaillé, sans doute même depuis plusieurs années, qui comprenait le début et la fin mais que, Game of Thrones Mania oblige, on lui a imposé une volée de combats et de violences qu’il a ajouté sans en avoir visuellement décidé du contenu.

Je dois dire aussi que les espaces inter – situations, j’entends par là la manière de laisser un blanc entre un morceau de récit et un autre pour montrer que l’on est passé d’une scène à une autre, ou d’un point de vue à l’autre, n’est pas très marqué et parfois pas très à propos.
Un espacement plus conséquent ou une phrase supplémentaire pour faire la dissociation aurait été bienvenue.

Je pense qu’une dynamisation des combats avec un peu plus de mise en scène serait nécessaire, le potentiel de ce livre est énorme et aborde des thèmes très prometteurs et riches en possibilités qu’il est dommage de les laisser juste plantés la sans les lier les uns aux autres.

Pour conclure, un très bon roman, en effet assez proche de tous les connus du genre Fantasy tels que le nom du Vent, mais aussi Robin Hobb et les aventures de Fitz mais pas tout à fait à la hauteur de la description des éditions Bragelonne.

La Voix du Sang , sortie prévue le 18 juin 2014 aux éditions Bragelonne

ISBN : 978-2-35294-750-9

Prix public : 23€